Comment réaliser un topo de site d'escalade (couenne)
Cet article vise à détailler au plus proche ce qui est nécessaire pour réaliser un topo d'un site naturel d'escalade (aussi appelé "couenne").
Réunir les informations sur le site
Secteurs
Noter le nom et la localisation des secteurs, notamment une description de comment y accéder.
Idéalement, dessiner un plan du site et de ses secteurs.
Restrictions d'accès au site
- est-il concerné par un arrêté de protection du biotope, une ZNIEFF, autre ?
- est-ce que le propriétaire du terrain interdit la pratique de l'escalade ?
- est-ce que la commune locale interdit la pratique ?
Informations pour l'accès au site
- position du début du chemin d'accès (adresse, coordonnées GPS, description précise)
- comment on peut accéder en transports en commun, éventuellement en combinant avec du vélo
- comment on peut accéder en vélo (en suggérant l'itinéraire le plus agréable / sécurisé, donc séparé des véhicules motorisés)
- possibilité ou non de bivouaquer proche du site. Ne pas hésiter à rappeler l'interdiction générale de faire des feux.
- informations sur l'accès routier
- position du ou des parkings pour les véhicules motorisés
- Ne pas hésiter à rappeler la nécessité d'emporter des déchets
Informations sur l'équipement en place
- quel est le type de relais : chaîné, moulinox, non relié, etc.
- quel est le type de points d'assurage pour l'escalade en tête : broches, plaquettes, pitons, etc.
- quel est le style d'équipement : points proches ou éloignés, engagement mental, etc.
- avertir si les premiers / seconds points sont mal placés et potentiellement dangereux
- sécurité de ces équipements : est-ce que c'est "béton", est-ce que c'est un équipement vieux et incertain (par exemple vieux spits), bref informer les visiteureuses des risques potentiels
- entretien du site : est-ce qu'il est entretenu régulièrement, ou est-ce qu'il n'est que rarement purgé?
- indiquer le nom et un moyen de contact (téléphone, e-mail, site web) des personnes (morales ou physiques) à contacter pour remonter des problèmes
Informations historiques
- depuis quand le site est pratiqué, quelles ont été les vagues d'équipement
- nom et références des anciens topos, autant que possible de manière exhaustive
- nom des équipeureuses et autres bénévoles ayant participé
Réunir la liste des voies
- nom du secteur
- numéro de la voie (très fortement recommandé, très utile pour trier les voies)
- nom de la voie
- cotation (de chaque longueur s'il y en a plusieurs)
- hauteur (idéalement)
- notes : description courte de la voie, des points importants (exemple : "traverser en diagonale après le 3e point"), intérêts ("très belles colonnettes"), ou risques ("retour au sol sur la vire en cas de chute entre 3e et 4e point").
- éventuellement : notes sur l'équipement à faire évoluer (exemples : "goujons qui ressortent, à disquer" ou "premier point trop haut, il faut en rajouter un à 4m")
Comment traiter les variantes dans la liste des voies ?
Si une variante fait plus de la moitié de la longueur de la voie "principale", il est préférable de la mentionner séparément dans le topo (par exemple "42bis", ou "42-3" s'il y a plusieurs variantes) : ce sont des voies séparées, qui partagent juste une partie en commun.
En revanche, si la variante ne fait que quelques mouvements ou une partie minoritaire de la voie principale, il est préférable de ne la mentionner que dans les notes de la voie principale. Exemple : une variante de sortie de 3 mètres sur une voie de 15 mètres.
Prendre en photo les voies
Photos avec un drone
Attention :
- L'utilisation d'un drone est très gênante pour les personnes qui grimpent (et peut présenter un risque en cas de chute ou erreur de pilotage) : choisissez un jour où il n'y a personne, et s'il y a du monde demandez leur accord avant tout décollage.
- L'utilisation d'un drone est très gênante pour les oiseaux sur place : ne pas le faire voler en période de reproduction / nidification (mi-mars à fin août).
- L'opérateur du drone doit être enregistré auprès des autorités de l'aviation civile.
- De nombreuses zones sont interdites au survol, ou limitées en hauteur : consultez les cartes des restrictions avant d'y aller.
- Ne jamais faire voler au-dessus des personnes.
- Le vent au-dessus des falaises peut déstabiliser et faire se crasher le drone, même s'il n'y a pas de vent au pied des falaises.
Il est préférable de faire voler le drone en hiver, quand les arbres n'ont que peu de feuillage : les photos seront meilleures (falaise plus visible), et le risque de taper la végétation avec le drone est amoindri.
Faire un panorama avec un appareil photo
Pour les falaises qui ne sont pas trop hautes, et dont l'accès au sol est confortable et non obstrué par la végétation, comme une ancienne carrière par exemple, il peut être intéressant de réaliser un panorama. Particulièrement pour un site qui est petit et qu'on peut faire tenir sur une seule photo. Cela permet d'avoir une vue d'ensemble qui contient toutes les voies.
Pour cela on veillera à prendre du recul et zoomer sur la hauteur de la falaise (zoom optique uniquement, pas de zoom numérique, sinon le résultat sera peu net), pour prendre des photos de gauche à droite, qui se recoupent largement l'une avec l'autre.
Ensuite sur ordinateur on pourra utiliser le logiciel libre Hugin pour assembler les images en un seul grand panorama.
On ne peut pas vraiment utiliser cette technique en prenant des photos au pied des voies, sinon le panorama résultant sera déformé et sera difficilement lisible. C'est pour cela qu'on ne peut utiliser cette technique que dans certains cas.
Dessin des falaises
Dessiner les voies sur le topo
BetaCreator
Le logiciel libre BetaCreator permet de charger une photo et dessiner directement dessus.
Limitations :
- on ne peut travailler que sur une image à la fois
- pour revenir travailler sur un plan, il faut recharger séparément la photo et les formes (shapes)
- les images exportées sont au format bitmap (pixels) et non vectoriel, donc pas forcément très adapté à l'impression