Première ascension en solo de l’éperon du Hohneck « Voie SUAPS »
Récit d’expérience de la première ascension en solo de l’éperon du Hohneck par une nouvelle voie. De bas en haut, ascension en « onsight » avec la technique de corde solo en tête (rope solo) – entièrement en solo et en escalade libre.
Pour la première ascension, j’ai suivi les indications d’une cordée de deux personnes qui, en 2013, avait tracé une voie sur le versant sud-est du pilier. Mon objectif était cependant de rester le plus proche possible du pilier central afin d’augmenter légèrement la difficulté.
J’ai finalement trouvé une nouvelle ligne réalisable, après l’avoir déjà repérée depuis le bas en novembre 2025. Il est important de préciser que j’ai grimpé du bas vers le haut et que je n’ai pas pu reconnaître la voie depuis le sommet – cela signifie que je suis entré en solo, à vue (« blind »), dans la voie et que j’ai dû me fier entièrement à mon expérience et à mon sens de l’orientation.
Je suis parti en train de Strasbourg à 5h du matin jusqu’à Metzeral, dans les Vosges. De là, j’ai monté en VTT avec environ 15 kg de matériel, en me battant sur près de 450 m de dénivelé jusqu’au lac de Fischboedle. J’y ai laissé mon vélo et j’ai continué à pied jusqu’au pied de la voie (environ 700–800 m de dénivelé positif supplémentaires).
L’attaque du pilier a eu lieu à 9h11. La première longueur était la plus dangereuse et impossible à sécuriser correctement en solo. J’ai grimpé sur différents gradins rocheux et dans de l’herbe mouillée et glissante jusqu’à une rampe où j’ai pu construire un relais. J’ai dû grimper pieds nus, car les chaussons ne tenaient pas sur le terrain herbeux, humide et friable. La situation aurait été plus sûre en cordée à deux (légère panique de ma part).
Une fois au premier relais, j’ai mis en place l’assurage et continué sur la rampe orientée sud-ouest/ouest du pilier. J’y ai planté le premier piton. J’ai construit un relais pour repartir ensuite en ligne plus directe vers le haut : une escalade verticale, sur bon rocher et bien protégeable.
Après quelques traversées vers la gauche, j’ai installé un troisième relais. Il était déjà 10h40 et je devais accélérer, car je voulais boire ma bière à 12h30.
J’ai ensuite enchaîné les deux longueurs suivantes sans assurage, en solo, jusqu’à la sortie. Au total, 5 à 6 longueurs selon la manière de construire les relais et de protéger la voie.
Arrivé en haut, on rejoint l’arête du pilier jusqu’au sommet du Hohneck (en direction du sentier de randonnée). À 12h30, j’ai bu ma bière, puis j’ai redescendu à pied jusqu’au vélo et suis rentré chez moi.
Dans l’ensemble, une belle course, facile mais dangereuse et très délité : il faut de l’expérience en terrain instable, peu lisible et exposé. Les chutes de pierres et l’orientation sont des dangers réels. Toute répétition est déconseillée – engagement à ses propres risques. (Attention, mes 3 pitons plantés sont de mauvaise qualité !)
La première longueur a été très difficile et dangereuse pour moi. Le reste était plus simple.